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Récit d'une traversée des Pyrénées
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Haute Randonnée Pyrénéenne (HRP)
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Dimanche 17 juin 2001 : Collado de Esquisaroy à Arizkun à Village des Aldudes

 

Ce matin, il pleut. Néanmoins dès 8 heures, abrités sous nos capes, nous quittons le col d'Esquisaroy.

Dans la montée vers le col de Bagatxeta, les rares éclaircies nous permettent de rester sur le bon sentier. Avec l'altitude, le temps empire. Protégés par le mur d'une petite cabane, nous faisons le point sur la carte alors qu'une averse plus importante déferle sur nos têtes.
Après le col (793 m ) commence une longue descente sur la vallée d'Arizkun.

Le sentier serpente le long d'un éperon pour rejoindre une vieille bergerie cachée sous des hêtres séculaires aux troncs tourmentés.

Au village d'Azpilkueta, nous retrouvons la route goudronnée et les belles maisons basques, blanches et rouges. Les balcons fleuris donnent un peu de gaieté à cette triste journée. Nous visitons le trinquet et la place de l'église.

Plus loin, nous coupons la N.121 où quelques carabiniers, fortement armés, surveillent la circulation et interpellent les contrevenants. De nombreux coureurs cyclistes s'entraînent en ce dimanche matin.

Après avoir franchi un ruisseau sur un vieux pont en dos d'âne, nous débouchons directement dans la rue principale d'Arizkun (280m), petite bourgade basque qui mériterait un arrêt touristique.

À l'épicerie, qui fait également café, bar et restaurant, nous trouvons de quoi nous réapprovisionner. Assis devant une tasse de thé chaud, bien au sec, nous nous intéressons à l'ambiance chaleureuse de sortie de messe, mais aussi à la pluie qui s'abat avec violence au dehors.

Vers midi, profitant d'une éclaircie, nous quittons le village pour nous retrouver bientôt dans des pentes couvertes de fougères humides.
Le village d'Arizkun
au fond dans la vallée.
Plus tard et plus haut, à un carrefour de sentiers, nous trouvons un lieu pour pique-niquer. (À gauche de la photo, le col de Bagatxeta puis l'éperon de descente vers la vallée d'Arizkun).

Avant de rejoindre la crête frontalière au col de Berdaritz, il faudra d'abord escalader le Pic Burga, sommet de 872 m aux pentes recouvertes d'épaisses forêts de hêtres. Auparavant, nous poursuivons à travers les prairies, ce qui nous oblige à franchir les clôtures de barbelés.

Nous voici enfin dans la première hêtraie. Les pieds s'enfoncent dans un épais tapis de feuilles mortes. L'obscurité est grande, il flotte ici une forte odeur d'humus et le flash de la photo porterait à croire que nous traversons un lieu peuplé de légendes.

Entre le Mont Burga et le Col de Basabar; ( 685 m ), on passe sans transition de la sombre hêtraie au jardin de digitales rouges et blanches.

Montagnes vallonnées aux crêtes arrondies
Vous disparaissez dans le brouillard et la pluie.
Mais quand le soleil sur vous glisse ses rayons d'or
Pour sécher la rosée déposée à l'aurore,
Alors c'est un grand voile qui se lève et s'envole.
Le Pays basque enchante sous son auréole.
Les vertes étendues où paissent les brebis,
Les tapis de fougères qui lui servent d'habit,
Et les immenses forêts épaisses et mystérieuses,
Nous donnent comme un présent cette terre généreuse.

Musa.

Au col de Basabar, nous passons sans nous arrêter, car il y a d'autres choses à voir …
... comme dans la petite côte qui conduit au col de Berdaritz ( 685 m ), où subsistent les vestiges d'une occupation ancienne : deux dolmens écroulés, qui n'ont plus d'autre utilité que d'abriter les brebis.

La pluie s'arrête enfin, alors qu'apparaissent à nos pieds le village des Aldudes et sa vallée.

Nous n'avons pas encore atteint les premières maisons qu'un homme nous fait signe et nous interpelle. Sans comprendre le pourquoi de ses gestes, nous nous dirigeons vers lui. Après les salutations d'usage, il propose que nous montions nos tentes sur son terrain, à la porte de sa grange. Nous sommes surpris, mais nous acceptons facilement sa proposition, car cela nous évite de chercher ailleurs.

Notre hôte se prénomme Ferdinand, il est un "conscrit" de Philippe. Nous avons la grange à notre disposition, l'eau au robinet extérieur, une chaise et une cuvette pour se laver les pieds. Nous sommes gâtés.

Pour dîner "en ville", il ne reste qu'un seul restaurant qui soit encore ouvert, en face de l'église. Des musiciens basques en costume continuent d'arroser leur journée au bar. Aujourd'hui, jour de la Fête-Dieu, c'était la fête au village.

Les musiciens enfin sortis, l'excellent repas se termine dans le calme. Nous quittons l'établissement alors que la nuit est déjà tombée, bien rassasiés après trois jours de repas frugaux.

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Réalisation du site : Yves FOULQUIER.
Textes du récit :Yves FOULQUIER et Philippe POUSSOU.
Poèmes : Philippe POUSSOU.